La charge mentale de l’entrepreneure, tu connais ?

Moi perso, je n’en avais jamais entendu parler, jamais rien lu sur le sujet. Ce sont des clientes qui me l’ont exprimé, deux en une semaine :(

Trop de choses à faire, trop de choses à penser, trop de choses à ne pas oublier, tout le temps, avec cette pression (financière et autre) que l'on se met bien souvent.
La charge mentale de l’entrepreneure ?!

Moi perso, je n’en avais jamais entendu parler, jamais rien lu sur le sujet. Ce sont des clientes qui me l’ont exprimé, deux en une semaine 🙁

Et pourtant, j’aurai pu trouver moi-même cette formule car en décembre 2017, je me revois sur mon ordi à 2h du mat entre 2 micro-réveils de mon baby (cela faisait presque 2 ans que j’étais à mon compte), et poser les mots : si je continue comme cela, je fonce tout droit vers un “burn-out entrepreneurial”.

Trop de choses à faire, trop de choses à penser, trop de choses à ne pas oublier, tout le temps, avec cette pression (financière et autre) que je m’étais mise, et une vie de famille intense (un jeune bébé à la maison à temps plein).

La charge mentale, voilà ce qu’il se passait ! Fini l’enthousiasme des débuts de ma vie d’indépendante, je devais l’admettre : j’étais en souffrance et loin, très loin de mon modèle de réussite.

En devenant entrepreneure, je rêvais que mes lundis ne ressemblent plus à des lundis, et que mes vendredis n’annoncent plus un week-end salutaire, et surtout que mes dimanches soirs ne soient plus annonciateurs de l’éternel recommencement.

Et ça, c’est gagné ! Aujourd’hui, miracle, je n’ai plus la boule au ventre quand je m’endors le dimanche soir !

Mais ce serait te mentir que de te dire qu’en ce qui concerne les nuits d’insomnie, c’est fini !

Car c’est ça aussi la charge mentale de l’entrepreneure, elle est sournoise : si tu la laisses prendre de la place dans ta vie, elle finit par s’immiscer dans ton lit, et à partir en vacances avec toi aussi !

Est-ce que là, maintenant, tu te dis que tu n’y avais jamais vraiment pensé, mais que oui, clairement, tu vois très bien de quoi il s’agit… car il te semble le vivre un peu (beaucoup ?) toi aussi.

Ce qui contribue à générer de la charge mentale chez l’entrepreneure

Posons les choses : elle se nourrit de quoi précisément la charge mentale de l’entrepreneure ?

  • Tes multi-casquettes de (solo)entrepreneure et que tu aies à porter les multiples tâches opérationnelles, et ta stratégie, et ta vision aussi !
  • La (con)fusion entre toi et ton activité/ ton entreprise : même si tu y mets énormément de toi-même, tu n’es pas ton entreprise, et ton entreprise n’est pas toi. Vous ne respirez pas au même diapason. Tu as le droit de t’arrêter et de fermer la porte par moment et de la laisser dehors le temps que tu respires !
  • La multiplicité et de la complexité : plusieurs offres, plusieurs profils de clients préférés, plusieurs canaux de communication, plusieurs modalités de paiement, plusieurs idées à développer en même temps : plus tu multiplies, plus les opérations à réaliser s’additionnent, c’est mathématique ! (tu me suis ?!)
  • Le côté artisanal de ton activité : tu fais tout toi-même, à “la main”, tout est une création unique (une prestation client, un format de rapport, un article de blog non réutilisable). Pour les métiers de l’artisanat, c’est ok, mais pour toute autre activité, c’est pas top !
  • L’inachevé, le “en-cours” : une mission client en cours, un rapport en cours, des factures à payer, le solde des paiements à réceptionner, un article en cours d’écriture : tant qu’une tâche n’est pas finalisée, elle occupe une partie de ton espace mental.
  • Un manque ou d’une absence de routines et de process : même si a priori tu les fuis et tu n’as aucune envie de t’enfermer dedans, les routines et les process sont tes amis car ils te permettent de ne plus avoir à réfléchir. (est-ce que tu réfléchis au fait de te laver les dents avant de te coucher ou à prendre ta douche le matin ?)
  • Ta facilité à dire oui / de ta difficulté à dire non : ton planning est déjà plein et tu acceptes encore des tâches à faire venant de l’extérieur ou de toi-même (ex : tu as une idée, tu la mets direct en application, sans mesurer le temps que cela va nécessiter pour la concrétiser). Bref, tu rajoutes de la charge mentale à la charge mentale déjà bien bien présente.
  • Et puis pour finir : le mauvais usage de ton mental : il n’est pas là pour retenir, il est là pour réfléchir, analyser, synthétiser des informations. Son rôle n’est pas de TOUT garder en tête.

 

Tu l’auras compris, tout cela implique que tu as de nombreuses tâches et opérations à penser et à faire, sans interruption !

Bonnes pratiques pour alléger voire te libérer de ta charge mentale

Les objectifs que tu vas rechercher en priorité pour alléger ta charge mentale : 

  • Te vider la tête
  • Réduire la quantité d’opérations auxquelles tu dois penser et celles que tu dois réaliser. Pour dans l’idéal, prendre à ta charge uniquement les tâches essentielles pour lesquelles tu as de la valeur ajoutée – les autres, tu les laisses aux nombreuses applications qui existent et à des prestataires/collègues à qui tu auras déléguer.
  • Rester concentrée sur ton travail et sur tes objectifs
  • T’astreindre à finaliser le travail commencé !

 

Voici quelques bonnes pratiques pour alléger voire te libérer de la charge mentale : 

  • Ecris écris écris, vide-toi la tête de tout ce qui l’encombre, et notamment de tout ce que tu repasses en boucle. Je suis en faveur des to do lists, des enregistrements audio sur ton téléphone quand tu as une idée en marchant dans la rue, de l’utilisation des applications de prises de note (comme Evernote que j’utilise), des exercices d’écriture intuitive  – pour ces derniers, les faire en début et fin de journée est très efficace pour apaiser ton mental.
  • Cloisonne ton temps perso et ton temps pro, mais on s’entend ! Tu restes bien la même personne ! tu peux par exemple décider des créneaux horaires et des jours où tu gardes le téléphone et l’ordi fermés. (Ex : après 19h le soir et avant 9h le matin, et les dimanches) et respecter ta décision !
  • Accorde-toi des temps de respiration quotidiennement : tu peux commencer avec 10 minutes en cours de journée pour faire une micro-promenade, une micro-sieste à ton bureau, des exercices de respiration, de la méditation, des étirements, boire un verre, et aussi faire des journées au vert, 
  • Être au clair sur le pourquoi tu fais les choses. Questionne-toi sur le sens de ton action : est-ce que cette action te permet vraiment de te rapprocher de ton objectif ? est-ce qu’elle aura un réel impact au regard de tes objectifs ?
  • Mets en place des routines et des process dans ton entreprise. J’utilise Trello et google agenda (et des post-it) pour cela.
  • Protège ton temps, il est précieux : fais la chasse aux voleurs de temps (les réseaux sociaux, les appels entrants intempestifs, les notifications, la boîte mail ouverte en continue, une nouvelle vidéo youtube à regarder) et à tes comportements qui acceptent que les voleurs de temps te volent ton temps (ex : “u peux m’appeler quand tu veux, je suis disponible à toute heure de la journée”, regarder ses mails à longueur de journée, sauter sur un mail dès que tu reçois une notification, lire un texto et te dire que tu y répondras plus tard)
  • Sois concentrée sur ton travail (pratique la pleine-conscience) : tu passes un appel, tu passes un appel et tu es concentrée sur l’objet de cet appel. Tu écris un texte, tu écris un texte. Tu te donneras ainsi toutes les chances de finaliser ton travail dans les temps impartis, et tu en tireras beaucoup de satisfaction
  • Sors du “oui” automatique, et planifie tes semaines pour ne pas céder à la tentation d’en rajouter !
  • Dédie un créneau précis dans ton agenda à toute tâche ou groupe de tâches de même nature que tu dois faire. Ce qui n’est pas planifié, n’existe pas.
  • Crée de la respiration dans ton agenda : accorde-toi des temps “sans rien” qui te seront utiles pour absorber les imprévus. Et si finalement, il n’y a pas d’imprévus, je suis certaine que tu trouveras la façon d’utiliser au mieux ce temps disponible.
  • Délègue : identifie les tâches pour lesquelles tu n’as pas de valeur ajoutée, et apprends à déléguer de façon efficace et à faire confiance
  • Automatise et systématise ce qui peut l’être : la prise d’une rendez-vous en ligne (avec youcanbook.me ou calendly), le paiement en ligne (stripe, paypal), la planification de tes contenus sur les réseaux sociaux (Iconosquare, Later, Planoly) …ce seront autant de tâches auxquelles tu n’auras plus à penser.

C’est déjà pas mal, non pour démarrer ? écris-moi si tu as d’autres pratiques à partager avec la communauté !

Rappelle-toi: ce qui compte ce n’est pas d’être occupée, d’avoir des journées blindées, pour abattre le plus de travail possible. 

Ce qui compte, c’est de savoir pourquoi on fait les choses que l’on fait, et d’y mettre du sens et du coeur à l’ouvrage.

 

A bientôt,

Blandine

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